Publi le vendredi 30 mai 2008
Vendredi 30 mai 2008
BRISER LA CHAÎNE DU SUICIDE: DEUXIÈME PARTIE.
COMMENT J’AI REMONTÉ LA PENTE PEU À PEU Je restais bien malgré moi, une cliente fidèle de la médecine traditionnelle; vu que je ne pouvais me payer des soins en médecine douce ou naturelle; et une adepte soumise à l’autorité religieuse catholique, et ce, après être aller voir sagement toutes ou presque, les autres religions ou sectes; histoire de comparer, de vérifier si mon esprit critique revenait à la normale...oui ! Alors, je ne renie pas ma religion catholique, mais j'aurais des choses super ec énormément de persévérance, je tenais mon bras en l'air en tenant mon poignet mou comme les gens qui font un ACV; et j'essayais de le retenir. Un bon matin après 5-6 jours de pratique, mon poignet a tenu en l'air. Même mon physiothérapeute ne le croyait pas tant qu'il ne l'avait pas constaté de ses propres yeux: "Vite à la physiothérapie, on va ajouter d'autres séances de soins pour le renforcir davantage". Et je demandais à mon petit frère André de l'oratoire Saint Joseph, de faire son bout de chemin, bien entendu ! La plus grande blessure n’était pas visible à l’œil nu : la peine infligée aux être chers avait hélas, éveillé dans leurs cœurs l’ancienne blessure du suicide de mon frère Serge. Dans plusieurs familles, il y a un mouton noir qui a sombré dans la maladie mentale. C'est pas évident lorsque des personnes sont misent au rancart ou au banc des accusés par des proches. J'ai connu les deux côtés de la médaille. Alors, j'ai mis plus de cinq ans à faire mon deuil des personnes qui ont choisi de trottoir en me voyant. La vie est un miroir après tout ! Croyez-moi, c'est pas facile de faire le deuil d'êtres chers, exactement comme s'ils étaient décédés, mais cela est la solution idéale pour cesser de souffrir. J'ai opté pour la libération complète de ces êtres aimés. Je leur souhaite bonne route et je continue la mienne. Un message pour les personnes touchées par la maladie de l'esprit ou de l'âme, essayez de vous détachez des gens qui se moquent de vous, ou même, des personnes de votre famille qui vous rejettent complètement; faites ce deuil, et vous commencerez un pas vers la guérison. Ceux qui disent que vous ne pouvez guérir, envoyez-les paîtrent dans les champs; ils sont dans l'erreur, même s'ils sont bourrés de diplômes après leurs murs. La preuve non scientifique: il paraît que Jésus de Nazareth aurait parlé de guérison, pas de maladie à vie, de remèdes à vie. Je ne prend plus de remède pour la santé mentale depuis 9 ans, alors que je devais les prendrent à vie. J'arrive à écrire alors qu'on m'avait classée finie à vie pour le boulot. Suivre les conseils des médecins, mais cherchez d'autres solutions là où vous le pouvez ! Il y a partout des réunions et des thérapies de toutes sortes, souvent gratuites et excellentes etc. Pour revenir aux grands détachements et éloignements des personnes de votre famille, rien ne se vit dans la facilité, d'accord ! Que c'est triste d'abandonner les siens à cause qu'ils n'ont pas mal au foi, au dos, au reins; mais à l'âme. Vaut mieux respecter leurs limites et leurs pauvretés, tout comme vous devez vous respecter dans vos limites; tout comme chacun de nous aime bien être respecter, quand frappe la maladie mentale autant que la maladie physique. DEMANDE DE L’AIDE J’optais à contrecœur pour ajouter de l’eau à mon vin, suite à cette tentative de suicide. Aux soins intensifs de l’hôpital, je plaçais ma foi au premier rang de mes valeurs, suivie par des pas d’actions qui germaient à petits pas, dans mon cœur et dans mon corps, souffrants. Je consentais à reprendre fidèlement, la médication prescrite du Docteur Prud'homme", mais avec une vigilance assurée. Mon implication régulière à une fraternité du mode de vie des douze étapes, mis en place pour les personnes émotives, m’apportait une chance de plus, à la guérison et au traitement médical. S'il n'y a pas près de chez-vous, des réunions pour les émotifs anonymes, allez donc aux réunions des A.A. ou E.A. ou autres groupes qui vont vous accueillir; mais un secret de la caramilk: Tout est bon en autant qu'on puisse s'en sortir librement et facilement; sinon, vous êtes pris dans une secte ou semblable, mais déguisée. PIRE QUE D'ÊTRE POUSSER À S’ENLEVER LA VIE Quelle idée farfelue; je préfère prendre toute la responsabilité de ce geste, et redonner aux facteurs qui m'ont conduit, peu importe d'oû, de qui ou de quoi ils venaient. Tout est mieux ainsi ! Est-ce que les gens qui m’ont facilement jugée après ce geste de découragement, savaient que le Dr Prud’homme avait essayé de me harceler à révéler ce que je ne savais même pas... comment je ferais pour me suicider une deuxième fois ? Je lui disais sincèrement qu’il n’y aura plus jamais pour moi, une deuxième tentative de suicide, car j’avais compris trop de choses et j’aime la vie de tout mon cœur etc. Hélas, il insistait de plus belle, comme s'il aurait pratiqué à mon insu, l'hypnose. Je lui répétais sans arrêt que je ne pensais plus du tout au suicide. « Non, dit-il, tu vas me dire comment tu te reprendrais ? » Il ne m'a pas lâchée tant que je n'ai pas forcé pour voir comment je referais si je devrais penser au suicide à nouveau. Quelle torture mentale! On parle bien gros des dossiers de graves tortures physiques, mais on ne parle jamais ou presque, des graves erreurs causés sur l'esprit ou l'âme du patient; ce qui est tout aussi important selon moi. Les plus grandes blessures chez une personne humaines, ne ne voient pas toujours avec les yeux humains; notre société va changer quand chaque personne va commencer à se tenir debout comme on a une colonne vertébrale, c'est qu'il faut bien se lever debout quant on le peut. Mais, dans la santé mentale, on est si affaiblie et souvent sans libre-arbitre qu'on nous a écrasé etc. C'est pas facile de dénoncer ces abus de pouvoir qu'on ne peut prouver vu que la science ne tient plus compte de la dimension la plus importante de la personne humaine. On soigne le corps physique oui, mais la santé mentale doit avancer encore beaucoup avant que tout s'améliorer; mais cela va arriver avec des petits pas, lentement mais sûrement. On le voit encore cette semaine aux médias: abus d'une dame forcée d'être enfermée des heures de force. C'est beau de voir ce groupe de lever debout pour parler, raconter ces horreurs: on ne doit plus aller seul devant ce monde trop fort pour une personne seule. On risque de sombrer dans la folie et ne plus en revenir à moins d'un coup de chance ! Je sais de quoi je parle, puisque je l'ai vécu de 1984 à 1990 avant de sombrer dans la maladie mentale, la faillite financière etc. DU GRAND MÉNAGE À FAIRE DANS MA VIE PERSONNELLE, OUI; ET DANS LA SOCIÉTÉ, EST-CE QU'IL Y EN A DU GRAND MÉNAGE À FAIRE ? ET AU GOUVERNEMENT ? La route de mon grand ménage était en marche depuis la fin d'avril 1993, même aux soins intensifs. J'y allais lentement mais sûrement, croyez-moi ! MES PAS DANS L'ACTION: Quitter les rangs de la religion catholique, du côté sectaire seulement, me semblait au dessus de mes forces, malgré mes sincères intentions de retrouver ma véritable indépendance d’autrefois, et mon esprit critique constructif en religion comme en toute situation. J'y suis arrivée avec énormément d'aide; pendant quelques années, j'ai mis de côté toutes les personnes trop prises avec les histoires de religions, même catholique; que je ne reniais pas, mais dont je me tassais un brin, histoire d'épaissir ma carapace, de me renforcir, mais surtout, de retrouver mon libre arbitre et mon esprit critique constructif. Ce pèlerinage unique dans nos institutions démocratiques, me laisse un goût amer au cœur, et un désir sans artifice de changer des choses, dans ma vie d’abord. Prisonnière de mon silence et de mes raz de marée émotionnels, aucun mot du dictionnaire ne parvient à raconter, les sentiments de honte, de peur et d’impuissance, qui trop longtemps ont possédé mon âme. Tous les moindres sentiments et émotions qui logeaient dans mon jardin intérieur, ont été scrutés au peigne fin, par les élites médicales et religieuses. Prendre une pilule pour ci, une autre pilule pour ça, analyser mes pensées des années en arrière etc ; comme si chaque douleur pouvait s’envoler avec une petite pilule, comme par magie. Mon plus grand souhait : recevoir l’aide véritable pour découvrir la véritable cause de ces douleurs physiques non diagnostiquées encore, selon ma vision de simple patiente très patiente, du système de santé. Quand les puissants remèdes n'arrivent même plus à soulager les malaises, c'est qu'il y a quelque chose d'anormal physiquement; il faut chercher jusqu'à ce que l'on découvre le pot aux roses. Et, c'était normal et humain; personne n'avait encore découvert ce qui arriverait seulement en août 1997: découvrir sur une simple radiographie que ma hanche gauche était complètement égrenée et la boule de la hanche, pourrie complètement. Trouver le bon diagnostic suite à cet opération d'août 1997 ne fut découvert qu'en l'an 2000 et le bon remède pour soulager la douleur insoutenable a enfin été découvert par le super bon et professionnel Docteur Spécial. ( Tiens, je vais le nommer le Dr Spécial). "Merci de tout mon cœur, Dr Spécial, vous avez changé ma vie, et grâce à votre bonté, votre patience et votre professionnalisme, ma vie est redevenue joyeuse. Même si on a trouvé des graves problèmes de santé physiques, au moins, je me console en me disant qu'on a aussi trouvé les bons remèdes.....en attendant hélas, les soins palliatifs, je suis heureuse d'être à vos côtés à l'occasion, pour un suivi de soins conservateurs. J'ai aussi repris confiance en la médecine traditionnelle, en la religion traditionnelle; mais avec un esprit ouvert et critique constructif. Mes prières s’élevaient vers le Ciel, pour recevoir une écoute attentive, compatissante et détachée. Ces souhaits furent exaucés vers l'an 2000, comme je l'indique plus haut. PARLE MOI DE TA SOUFFRANCE Ce n’est pas seulement de l’argent qui manque dans notre système de santé et dans le système de justice; mais de meilleurs rapports humains en premier lieu; ainsi qu'une écoute plus attentive de la personne citoyenne et surtout quant elle devient plus vulnérable. Qui a vraiment perdu contact avec la réalité ? Moi seulement ou la société, le Gouvernement comme l'état, ainsi que chaque citoyen du peuple ? La simple phrase : "Parle-moi de ta souffrance", aurait suffit pour apaiser l’anxiété qui se transformait de plus en plus en crise de panique. Quelles douces mélodies réconfortantes aurais-je pu entendre lors de mes nombreuses visites médicales ! Mon partage romancé deviendrait une autopsie de ma tentative de suicide si je pouvais tout raconter; mais cela demandera du soutien moral. Je réussis à pianoter ces mots sur le clavier de l’ordinateur, afin de partager avec toi, une partie dramatique mais qui finira bien par devenir constructive, de mon passé. Ce terrorisant diagnostic de la skyzophrénie de type paranoïde, fut mis sur ma tête comme une tranchante épée Damoclès, un mois avant mon geste de désespoir. Un peu d'humour noir m'aide parfois à guérir des anciennes blessures: AH MISÈRE ! AH MALHEUR! (Tel qu’il a été mentionné dans les Écritures saintes, le signe de la bête noire 666 s’inscrivait définitivement non seulement dans un ridicule rapport médical daté du 30 mars 1993, mais aussi à mon dossier ouvert à la Compagnie d’assurance gouvernementale 121666077 ). Ce fut l’époque la plus sombre de mon histoire, c’est-à-dire, "l’apocalypse dans ma propre vie". Seul l'humour a pu m'aider à ne pas chavirer quand j'ai vu que ce diagnostic était inscrit dans le site internet du Tribunal de la Commission des Lésions Professionnelles du Québec en date du 23 août 2002 ( CLP). Mon rêve paraissait difficile à atteindre : me payer des soins de santé naturels, tels l’ostéopathie, la naturopathie, les massages musculaires, les suppléments alimentaires, etc. Combiné avec la médecine traditionnelle et à un spécialiste de la foi ayant un esprit ouvert, mon rêve se transformerait-il un jour, en réalité ? Cela n'est pas près de se produire, car on parle de la médecine au privé au lieu que la médecine au public prenne en amis, la médecine douce, la psychiatrie au naturel du côté spirituel, et parfois, parapsychologie dans les cas plus lourds, comme les personnes qui ont vécu des prières d'exorcistes par les prêtres etc. La médecine, la psychiatrie, et la religion et la foi et la spiritualité des connaisseurs, doivent de regrouper, sinon, rien n'ira mieux, j'en suis convaincue. Pas toujours mais bien souvent, je me sentais traitée comme une vieille voiture en pièces détachées : voilà comment je me sentais dans ce système de santé et de justice, établi au Québec. C'est parce que les douleurs, parfois qui rendent fou, étaient parfois au rendez-vous ! Transformer mes attitudes, changer ma passivité en actions concrètes et révolutionnaires, croire à nouveau, en mes buts et à mes rêves, advienne que pourra et envers et contre tous, matérialisait mon choix préféré, pour sortir définitivement de cet enfer. La confiance en moi, l’estime de moi et ma dignité humaine se pointaient à nouveau, le bout du nez. À ma grande surprise, on m’invite à témoigner à une réunion pour les gens émotifs. Partager mes expériences devant un groupe me donnait un trac incroyable. Ainsi, je mettais en pratique mes nouvelles décisions. Ce fut un nouveau départ. Cette nouvelle implication sociale s’avérait utile, nécessaire et surtout, thérapeutique. Des personnes en détresse venaient à ma rencontre. Leurs yeux brillaient d’une espérance nouvelle de constater qu’ils n’étaient plus seuls dans leurs souffrances. Les pires obstacles en apparence, insurmontables, se dépassaient mieux, avec le soutien des autres. Je ne me sentais plus seule, pour la première fois de ma vie. Le vide intérieur était une illusion. À l’intérieur de mon être, il n’y a jamais eu de vide. Au contraire, mon cœur déborde tellement, la présence intime se faisait proche. Mon cœur d’enfant s’éveillait et s’émerveillait à nouveau, comme dans mon enfance. Tous mes efforts seraient un jour ou l’autre, récompensés. J’entrevoyais une lumière au bout du sombre tunnel. Je pressentais qu’un jour ou l’autre, je sortirais réellement de l’ombre. LASSE D’ÊTRE ISOLÉE DANS CETTE SOUFFRANCE En mars 1994, ce fut la période où je débutais mes écrits libérateurs dans mon journal intime. Je récoltais lentement les fruits doux ou amers, de ma persévérance. Cela ne m’empêchait pas de vivre encore quelques bonnes culbutes, en milieu hospitalier. La ténacité des douleurs physiques et morales semblait se renforcer. À vrai dire, je ne pouvais plus faire d’autres voyages aux enfers, sans Dieu ni Diable. La solitude pesait lourd sur mes épaules encore fatiguées. Le mystérieux et insupportable mal de dos m’affaiblissait encore, malgré mes bonnes intentions. L’infirmière responsable établit un plan d’intervention, lors d’une autre hospitalisation en santé mentale causée par ces douleurs au dos : " Troubles de comportement (multiples problèmes physiques). Diminueront ses plaintes physiques en communiquant ses émotions. L’encourager à exprimer ses besoins réels. Etc." J’ajoute encore mon point de vue, en tant que personne humaine qui criait sa détresse et sa souffrance au meilleur de mes connaissances, mais surtout selon mes faibles capacités : le plus grand besoin, exprimé au corps médical, fut celui d’exprimer ma soif de vivre, et ce, à deux reprises, soit en janvier et avril 1993; lorsque je me suis rendue à l’hôpital pour éviter la tentative de suicide. Ensuite, j’exprimais mes besoins en soulignant les douleurs tenaces et insoutenables; je ne pouvais faire autrement, je vivais l’enfer tellement cela était douloureux. Mais, on ne me croyait pas…..depuis janvier 1982; depuis que le Dr Sanscoeur de l’hôpital à qui j'avais porté une plainte non retenue, a fait un rapport dans lequel il indiquait que je faisais ces jérémiades, pour être payer par l’assurance etc. Depuis de jour-là, on ne cherchait plus les raisons de ces douleurs; on me prenait pour une malade imaginaire, une folle qui s’inventait des histoires. VOIR LE CÔTÉ POSITIF DANS LE NÉGATIF: Pour ce qui concernent le Docteur Sancoeur de l'hôpital à qui j'ai porté plainte; je vous assure que ce Docteur m'a sauvé de la chaise roulante. Je ne l'ai reconnue que des années plus tard. Il me disait à l'hôpital de ne jamais arrêter de prendre des marches à l'extérieur, si je voulais conserver mes jambes. Ainsi, j'ai pu lui accorder un vrai pardon très sincèrement. Cela ne veut pas dire que je n'ai pas droit et devoir de dénoncer des abus semblables à ce que j'ai vécu, comme tant d'autres. Sinon, il faudrait abolir toutes les bureaucraties des plaintes; parfois ce serait peut-être mieux de même; je ne sais plus. C'est pas ma job de décider de cela. J'ai tourné la page sur tous ces évènements, sauf d'en parler un brin ici seulement, pour du positif enfin. Le Docteur Sanscoeur a tout de même, sûrement un peu de cœur: il m'a éveillé à continuer les marches. Et bien Merci à vous Docteur Sanscoeur avec un brin de cœur ! Retourner à une réunion des personnes émotives s’avérait prioritaire, pour lâcher prise à nouveau. Refaire encore et encore ma première étape. De plus en plus, je prenais contact avec mon côté autodidacte et artistique. L’humour s’éveillait à nouveau dans mon cœur. Si bien que je surnommais parfois ce mode de vie des douze étapes : le mode de vie des douze travaux d’Obélix. VANITÉ, TOUT N’EST QUE VANITÉ J’opte vers l’automne 1991, pour apporter ma contribution à la société en essayant de m’impliquer dans la communauté par un peu de bénévolat. Mon attirance naturelle se dirigeait vers un organisme venant en aide aux mourants et aussi vers un organisme qui servait la soupe populaire aux gens défavorisés de la région. Malgré mes bonnes intentions, je ne peux poursuivre mes projets, si minimes soient-ils. Mon épuisement physique et moral devient plus qu’évident, pour ceux qui voient avec les yeux du cœur. Trop orgueilleuse pour m’en rendre compte, c’est à travers une lettre de mon accompagnateur ou de mon mentor, c’est-à-dire mon vieux sage, que je prends connaissance de mon premier signal d’alarme. Une toute petite phrase de sa part m’ouvre alors les yeux : « Vanité, tout n’est que vanité ». Habitée par un sentiment de gêne et de honte, je me présente plutôt à ces organismes de charité pour recevoir la nourriture et les vêtements. Pour l’accompagnement aux mourants, il y a plus de chance que ce soit moi, qui reçoive cet aide, dans les années à venir. De toute ma vie, je ne m’étais jamais sentie aussi nulle, pour ne pas dire deux fois nulles. En réalité, j’étais devenue une itinérante déguisée en assistée sociale habitant un minime logement. Tous les nombreux déménagements répétitifs m’appauvrissaient davantage même s’ils me procuraient l’apparence d’une vie normale aux yeux des autres. Depuis ma faillite de mars 1990, je n’ai plus accès à aucune forme de crédit dans les institutions financières, même si je suis libérée de cette faillite depuis 1998. Même lorsque j'ai travaillé à temps partiel pendant 4 ans, on me refusait toujours ces demandes de crédit. Si je voulais obtenir cet aide financière, c'était seulement pour cesser de voir mon compte en bas de zéro à la fin du mois, pour payer des frais supplémentaires. Mais, je comprenais les institutions financières de ne pas m'accorder de marge de crédit; je n'aurais possiblement pu remettre l'argent emprunté; finalement, c'était mieux ainsi. Mais je connaissais des personnes bien en vue, qui avaient déjà fait une faillite, et qui obtenait très facilement du crédit; mais ces gens faisaient partie de ce que l'on appelle: la haute classe de la société. Je parvenais à peine à remettre les minimes sommes d’argent empruntées à quelques amis, pour boucler les fins de mois. Des gens humains et généreux, m’apportait tout l’appui qu’ils pouvaient me donner. Je ne refusais jamais l’aide que je recevais, même avec énormément de gêne. Comment voulez-vous que je vienne à me sortir de la misère financière: plus de crédit. Plus de travail rémunérateur. AH MISÈRE...AH MALHEUR....Autant l’écrire, c’était presque une quête à la fin de chaque mois, pour arriver à me nourrir au plus strict minimum. Quant un imprévu se pointait le bout du nez, c’était la catastrophe. Je n’étais pas seule du tout à vivre dans la pauvreté; je voyais des femmes et des hommes vivant avec des enfants, qui vivaient des situations, bien pires que la mienne. Sortir de cette roue d’orgueil malsain était le premier pas à faire, si je voulais me sortir de cet enfer de la pauvreté et de la maladie. J’ai même retiré les valeurs de rachat de ma police d’assurance-vie pour subvenir à mes besoins essentiels, tout comme j’ai cancellé toute assurance responsabilité; jusqu’en l’an 2007. Quelle dégringolade pour moi qui était une ancienne courtière d’assurance-vie ! Voilà que j’étais à la retraite forcée. Je me sentais frustrée, choquée, révoltée et ahurie devant autant d’obstacles à surmonter. Lorsque le médecin me déclare invalide temporaire à l’automne 1992, je touche environ cent dollars de plus par mois. Lorsqu’il me déclare invalide permanente, en mars 1993, je touche un montant supplémentaire d’environ deux cents dollars. La confiance en moi baissait de jour en jour. L’estime de moi devenait à peu près inexistante. J’avais l’impression de devenir un fardeau pour les autres. Auparavant, je me réalisais surtout par mon travail; tous les œufs étaient mis dans le même panier. Comme si ma personne ne valait plus rien du tout. Comment peut-on descendre aussi bas, dans l’échelle de la dignité humaine et dans une société démocratique ? Au moment où je vous écris ces lignes, au 16 juin 2008, j'ai en poche $20. pour me rendre au 30 juin 08 et $2.00 en caisse en argent sonnant. Mais je me suis libérée de cette insécurité financière, sinon je chavirerais à nouveau. Je fais une épicerie au début du mois, comme bien des gens, et je me rends à un organisme pour les démunis, une fois par mois pour compléter ce qui me manque. Bah....vivons heureux, vivons niaiseux! Non non et non; Je crois encore que je vais m'en sortir: un rêve ou une réalité ? Qui vivra verra ! Au moins, j'aurais essayé. LASSE D’ÊTRE ISOLÉE DANS CETTE SOUFFRANCE En mars 1994, ce fut la période où je débutais mes écrits libérateurs dans mon journal intime. Je récoltais lentement les fruits doux ou amers, de ma persévérance. Cela ne m’empêchait pas de vivre encore quelques bonnes culbutes, en milieu hospitalier. La ténacité des douleurs physiques et morales semblait se renforcer. La solitude pesait lourd sur mes épaules encore fatiguées. Le mystérieux et insupportable mal de dos m’affaiblissait encore, malgré mes bonnes intentions. L’infirmière responsable établit un plan d’intervention, lors d’une autre hospitalisation en santé mentale causée par ces douleurs au dos : « Troubles de comportement (multiples problèmes physiques). Diminueront ses plaintes physiques en communiquant ses émotions.». COMMENT NE PAS CRIER CETTE DOULEUR INTOLÉRABLE ? TOI QUI A ÉCRIT CES DERNIÈRES LIGNES, QU’AURAIS-TU FAIS POUR NE PAS HURLER DE DOULEUR, AVEC UNE HANCHE POURRIE, ÉGRENÉE, EN PLUS DES PROBLÈMES AU DOS INSUPPORTABLES ? J’ajoute encore mon point de vue, en tant que personne humaine qui criait sa détresse et sa souffrance au meilleur de mes connaissances, mais surtout selon mes faibles capacités : le plus grand besoin, exprimé au corps médical, fut celui d’exprimer ma soif de vivre, et ce, à deux reprises, soit en janvier et avril 1993; lorsque je me suis rendue à l’hôpital pour éviter la tentative de suicide. Ensuite, j’exprimais mes besoins en soulignant les douleurs tenaces et insoutenables; je ne pouvais faire autrement, je vivais l’enfer tellement cela était douloureux. Mais, on ne me croyait pas, depuis janvier 1982; depuis que le Dr de l’hôpital à qui je me suis plains, a fait un rapport dans lequel, il indiquait que je faisais cela pour être payer par l’assurance etc. Depuis de jour-là, on ne cherchait plus les raisons de ces douleurs; on me prenait pour une malade imaginaire, une folle qui s’inventait des histoires. Finalement, c’est là que l’emmerdement a débuté dans ma vie. DEPUIS CE CHOC ÉMOTIF, TOUT EST PLUS DIFFICILE, MAIS JE VAIS ARRIVER UN JOUR, À MIEUX FONCTIONNER: J'AI TOUT EN MOI POUR M'EN SORTIR ! Depuis que j’avais connu ce choc émotif en octobre 1984, je n’étais plus la même personne au niveau de mes comportements. J’ai saboté quelques belles valeurs dans bien des domaines. J’ai suivi le conseil du médecin : consulter en psychologie au privé, vu que dans le public, ce serait trop long. En 1985, je me suis donc payée trois consultations avec un psychologue de la Beauce, en clinique privée : puisque je travaillais encore, c’était plus facile d’investir pour ma santé; d’autant plus qu’après trois consultations et un test, le psychologue me confirme que j’avais tout pour me diriger vers la psychiatrie : que je pouvais me sortir de n’importe quelle problème, en cherchant les solutions à l’intérieur de moi, et pas ailleurs. Cette découverte changerait radicalement mon existence, sans trop m’en rendre compte sur le moment. Quand je ressentais une grande impuissance face à un évènement bouleversant, je revenais à ces paroles vraiment encourageantes. Et, je trouvais en effets toutes les solutions. Il me fallait parfois écrire, partager avec une confidente ou un grand ami etc. Et hop-là ! Cela ne m’a pas empêché de faire des erreurs et des bêtises en cours de route. Je pourrais dire que c’était causé à cause des grandes douleurs physiques que la médecine de trouvait pas encore; mais personne ne me croyait alors; je revenais à la case départ. Tant et aussi longtemps que la science n’a pas trouvé le problème de ma hanche à enlever, je ne fonctionnais pas très bien. Par la suite, après l’opération de ma hanche enlevée pour une prothèse de hanche complète, tout a été mieux un temps très minime. Les douleurs au dos m’empêchaient toujours de bien fonctionner, et mes revenus au travail diminuaient de plus en plus, et d’années en années, jusqu’à me rendre à l’évidence en 1993, que ma vie dans le monde du travail, était terminé et bien finie. Puisque j’avais tout mis mes énergies au travail, je pris toute une culbute, de mars 90 à mars 93; et de mars 93 à avril 93, ce fut la tentative de suicide. Je venais d’apprendre que je souffrais du plus grave cancer en santé mentale et que je ne retravaillerais plus jamais. La goutte d’eau qui a fait débordée le vase, est le lien dont j’écrivais quelques pages auparavant. VA LÀ OU TE PORTE TON CŒUR Là, j’ai vécu la première étape du mode de vie en 12 étapes : Je réalisais avoir complètement perdu la maîtrise de ma vie, tout comme en octobre 1984, je revenais à cette première étape. À chaque jour, c’est à recommencer ou à continuer, à travers les rechutes de la vie. A compter de ma sortie du semi coma à l’hôpital, après ma tentative de suicide, j’ai repris fidèlement la médication du psychiatre Dr Prud’homme. Enfin, je plaçais ma chance sur ces remèdes, mais avec le mode de vie en plus, j’avais déjà deux chances de plus pour réussir, et me sortir de cette misère psychologique. Je n’acceptais pas de rester invalide à vie au niveau psychiatrique : et même si je prenais ma médication, je savais que je ne la prendrais pas pour toujours, contrairement à ce que l’on me disait. Pas que je suis mieux qu’une autre personne, mais j’y ai cri et cela s’est produit. Depuis mars 1999, je n’ai plus jamais repris de remède en santé mentale….pour aujourd’hui seulement ! D’accord, sur ce point, je fonctionne une journée à la fois, même dans mes réussites, et surtout, dans mes succès et réussites. Ce n’est pas les personnes qui sont soignées en santé mentale qui sont malades et dangereuses; ce sont les gens qui sont très malades et qui ne le savent pas, et qui ne prennent aucun remède ! Donc, si je peux faire tomber un jugement de plus, tant mieux ! Et je m’adresse aussi à tous les médias sur ce point important que je viens de mentionner, d’accord ! Parfois, je saute d’une année à une autre année, mais c’est seulement de même que je parviens à partager ces histoires difficiles du passé. De mon divorce à l'amiable en fin 1991 jusqu’à ma tentative de suicide, j’ai fait quelques bêtises : trop de religions dans ma vie, j’en ai écœurée du monde autour de moi. Quelques fréquentations de flirts dans les bars de rencontres. Trois ou quatre bonnes brosses à la bière dans ma vie, mais là n'était pas ma place; des recherches dans d'autres religions et sectes pour comparer etc; mais rien de tout cela ne me comblait de bonheur. Il fallait bien que je vive ces bouts de chemins pour remplacer un vide que je ressentais; et en même temps, cela devenait un bout de crise d'adolescence jamais vécue. Quand bien même j’aurais voulu fuir dans la boisson, ça été impossible, mon ami mon foi ne voulait pas; et la drogue non pas pour moi; Tant de sujets dont je reviendrai pour partager dans des chroniques ! La Vie avait d’autres chemins à me présenter. DANS LA MARE AUX GRENOUILLES DE OCTOBRE 1984 JUSQU’EN MARS 1990 : De 1984 à 1990, je me suis enfoncée dans une mare aux grenouilles : puisque je souffrais physiquement et que la médecine ne trouvait pas encore le vrai bobo sauf en 1997; y fallait que je crie cette douleur de quelque façon que ce soit. J'ai donc ajouté mon grain de sel personnalisé dans le grand dossier du droit administratif au Québec. J'ai radoté ce sujet à travers les médias pendant plus de cinq ans, en compagnie des associations de consommateurs et de l'équipe du Protecteur du Citoyen; ils ont poursuivi jusqu'au projet de loi de réforme du droit administratif au Québec, alors que de mon côté, je passais 10 ans dans le silence, la solitude, la maladie physique et mentale ajoutée, le faillite personnelle suite à ce débat de société où j'avais touché à trop gros pour une personne seule dans ce grand cirque de procédures administratives. Voilà que ma vie m'a conduit jusqu'ici, avec vous tous, à vous partager quelques expériences de vie. Chaque personne est une histoire sacrée, comme dit Monsieur Jean Vanier. J'espère que ce roman réalité aura au moins contribué légèrement à l'avancement de la grande cause sociale de la prévention du suicide. Ce n’est pas évident de raconter ces faits délicats du passé; c’est pourquoi je me suis dit: Tant qu’à n’avoir pas de travail depuis longtemps, ni même de bénévolat; pourquoi ne pas mettre la main à la pâte, dans ce dossier d'intérêt public, où je peux écrire sur ce que je connais et ce que j'ai vécu. La prévention du suicide ou l’expression du désespoir devrait être une priorité nationale. Parfois, je viendrai romancer ces deux textes: Briser les chaînes du suicide, afin d'alléger ce roman. J'en profiterai pour ajouter une phrase ou deux, et replacer parfois les paragraphes au bon endroits. Là, j'y suis allée presque sans censure. En certaines occasions, je devrai enlever quelques phrases en les modifiant. Merci de votre compréhension. FIN Patricia Turcotte © Le 24 juin 2008Chiffon | 2008-05-30 21:06:08
2 Commentaires :
Commentaire crit le jeudi 12 juin 2008 à 19:45:01 (lien)
Patricia - http://patricia_et_ses_blogues.monblogue.branchez-vous.com
Bonsoir Monsieur Loup de Patricia
Merci de votre commentaire !
C'est vrai que cela me prend du courage pour écrire sur ce sujet qui me concerne en plus; mais qui vise bien d'autres personnes et famille accablées par le poids des larmes et du chagrin.
Pour moi, pour eux et pour nous tous, je veux briser une chaîne du suicide à travers cet articles. Si une seule personne ne posera pas ce geste, ce sera déjà beaucoup; même si je ne le sais pas. Et si le Gouvernement en fait une priorité nationale de ce sujet du suicide, tant mieux, ce sera une Victoire
Commentaire crit le samedi 31 mai 2008 à 14:37:18 (lien)
loup - www.santeglobale.ning.com
Beau courage que tu as là. Je travaille sur l,estime de soi depuis plusieur années. J'ai longtemps accompagner les enfants à ce titre. C'est de là que j'ai compris à quel point l'enfant que nous avons été est toujours présent en nous. Il faut en prende soin tout en le guidant avec notre connaissance d'adulte. C'est génial l'équilibre des deux l'enfant et l'adulte tout cà enrobé du Soi. C'est par l'esprit d'enfance que je trouve ma sagesse. Si on peut appeller cà de même.
Loup
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